Oman a discrètement cessé d'accepter les cargaisons destinées à Israël dans ses ports. Les deux plus grands fabricants de tehina d'Israël alertent déjà sur un risque de pénurie — nous avons vérifié le prix du même code-barres aujourd'hui, enseigne par enseigne

Par מערכת סופרקליר · 2026-08-21 · 5 min de lecture

67%L'écart entre le prix le plus bas et le plus élevé pour la même tehina de sésame El Arz, 500 g, code-barres identique — 14,30 ILS chez Shufersal contre 23,90 ILS chez City Market et Super Sapir — sur 1 219 relevés de prix dans 28 enseignes, selon les données Superclear du 21 août 2026, alors que les deux plus grands fabricants de tehina d'Israël alertent sur un risque de pénurie

Début août 2026, le journaliste Yuval Sade de N12 a révélé un détail passé presque inaperçu en dehors des cercles spécialisés dans la consommation : Oman, longtemps compté parmi les candidats les plus sérieux à une nouvelle vague d'accords d'Abraham, a discrètement cessé ces derniers mois d'accepter dans ses ports les conteneurs à destination d'Israël. En toile de fond, selon le reportage : la guerre qui se poursuit avec l'Iran. Conséquence concrète : la seule voie maritime encore disponible pour importer le sésame éthiopien vers Israël est aujourd'hui bloquée, et les deux plus grands fabricants de tehina du pays alertent déjà publiquement sur un risque de pénurie en rayon (N12/Mako).

La route du sésame coupée

Israël n'a aucune ligne maritime directe vers l'Éthiopie, principale source de sésame et de café brut pour l'industrie alimentaire locale. Comme l'Éthiopie ne dispose pas de port, ses exportations transitent par voie terrestre jusqu'au port de Djibouti, puis vers un port intermédiaire. Jusqu'à récemment, ce rôle était tenu par le port de Salalah, à Oman. Selon N12, Oman aurait imposé ces derniers mois un veto informel sur l'acceptation de marchandises à destination d'Israël transitant par ce port. Les ports de Dubaï, autrefois solution de repli, ne sont plus accessibles depuis le dernier affrontement avec l'Iran — et le blocus iranien du détroit d'Ormuz ferme de fait également cette voie. Dans les faits, Israël ne dispose actuellement d'aucune route maritime fiable pour importer du sésame éthiopien, et les entreprises alimentaires locales cherchent une solution provisoire via des ports en Égypte et à Chypre (Ice ; Caliber.Az).

Les deux plus grands fabricants de tehina déjà en alerte

Selon le reportage, deux des plus grands fabricants de tehina israéliens ressentent déjà l'impact : Achva, premier producteur de tehina du pays, et Sugat, qui fabrique la marque El Arz. Achva affirme n'avoir aucune intention d'augmenter ses prix à ce stade, mais évoque un risque de pénurie qui pourrait finir par se faire sentir en rayon. Le ministère des Affaires étrangères tente de résoudre l'impasse avec Oman, mais les efforts diplomatiques n'ont pour l'instant abouti à rien. Il convient d'être précis sur la nature exacte de l'information : à l'heure où ces lignes sont écrites, il s'agit d'un avertissement de pénurie, pas d'une hausse de prix confirmée — et Oman n'a fourni aucune confirmation officielle de la politique qui lui est attribuée. L'ensemble de l'affaire repose pour l'instant sur une source israélienne unique, la Chaîne 12/N12, reprise depuis par d'autres médias en Israël et à l'étranger.

Le contexte : une guerre régionale qui a déjà atteint les ports

Cette affaire ne se produit pas dans le vide. Oman — un pays où des responsables israéliens s'étaient rendus il y a quelques années seulement, à l'aube d'un possible accord de paix — a lui-même été frappé par la guerre régionale : en mars 2026, des drones iraniens ont directement visé le port de Salalah, touchant des réservoirs de carburant dans sa partie sud et provoquant une suspension temporaire de l'activité portuaire (Times of Israel). Rien ne confirme de lien direct entre cette frappe, survenue environ cinq mois avant les informations actuelles sur le veto imposé aux cargaisons, et la décision de cesser d'accepter des marchandises à destination d'Israël — mais les deux événements illustrent la même réalité plus large : une guerre qui perturbe les routes commerciales de base dans toute la région, y compris celles qui approvisionnent les rayons israéliens.

Ce que montrent déjà les données de Superclear

Que faire face à un avertissement de pénurie qui n'est encore qu'un avertissement ? Vérifier ce qui se passe déjà en rayon, avant que quoi que ce soit d'autre ne se produise. Nous avons vérifié dans les données de Superclear le prix de la tehina de sésame El Arz (500 g, code-barres 7290001216040) — une marque de Sugat, l'une des deux entreprises qui tirent la sonnette d'alarme. Le produit apparaît actuellement à 1 219 relevés de prix, dans 28 enseignes différentes. Le prix le plus bas, 14,30 ILS, se trouve chez Shufersal — une enseigne classée « dans la moyenne » par l'indice de cherté global de Superclear, à peine 1 % au-dessus de la médiane nationale. Le prix le plus élevé, 23,90 ILS, se trouve chez City Market et Super Sapir. L'écart : 67 %, sur le même code-barres exactement, avant même que le risque de pénurie ne se traduise par un seul shekel de plus sur un ticket de caisse.

Le schéma se répète sur des produits similaires. La tehina de sésame complet d'El Arz (500 g) varie de 15,20 à 23,90 ILS — un écart de 57 % — et la tehina « 100 % sésame pur » de Har Bracha, un concurrent non cité dans l'avertissement de pénurie, varie de 16,90 à 27,90 ILS — un écart de 65 %. La tehina Achva elle-même, quant à elle, n'apparaît pour l'instant dans les données de Superclear que dans deux magasins City Market (15,90 ILS) — un échantillon trop réduit pour établir une comparaison entre enseignes, mais suffisant pour montrer que la marque se positionne déjà au-dessus d'El Arz là où les deux se recoupent.

En résumé

Rien n'a encore réellement changé sur votre ticket de caisse : Achva affirme ne pas avoir l'intention d'augmenter ses prix, et l'enjeu réel ici porte sur la disponibilité, pas sur une hausse de prix confirmée. Mais les données montrent que même sans pénurie, sans Oman et sans guerre, l'écart entre le prix le plus bas et le plus élevé pour le même pot de tehina dépasse déjà 60 % — nettement plus que toute hausse de prix qu'une pénurie pourrait plausiblement provoquer à court terme. Si une véritable pénurie devait toucher les rayons dans les semaines à venir, mieux vaut surveiller non seulement l'étiquette de prix, mais aussi quelle enseigne continue de vendre au tarif bas d'aujourd'hui — car l'écart entre enseignes est déjà plus important que tout ce que cette impasse diplomatique est susceptible de produire à elle seule.

Sources